SSH
SSH permet de piloter le serveur de votre hébergement en ligne de commande, depuis un terminal sur votre ordinateur. Pour un site WordPress, c'est la façon la plus rapide de compresser ou déplacer des milliers de fichiers, d'exporter une base de données ou de mettre à jour des plugins sans passer par l'administration. Cette page explique comment vous connecter, pourquoi utiliser une clé plutôt qu'un mot de passe, et quelles commandes servent vraiment.
SSH, c'est quoi ?
SSH (Secure Shell) est un protocole de connexion chiffré à un ordinateur distant. Une fois connecté, vous tapez des commandes qui s'exécutent sur le serveur, comme si vous étiez devant lui. Les serveurs d'hébergement Web fonctionnent le plus souvent sous Linux (voir Linux ou Windows) : ce sont donc des commandes Linux.
SSH sert aussi de support au transfert de fichiers chiffré SFTP, l'option recommandée dans la page FTP. Les mêmes identifiants servent souvent aux deux.
À quoi sert SSH pour un site Web ?
Compresser ou décompresser un site sur le serveur : créer une archive
.zipde tout le site prend quelques secondes ou minutes, alors que télécharger les mêmes fichiers un par un en FTP peut prendre des heures. C'est ce qui rend une migration manuelle beaucoup plus rapide.Gérer WordPress avec WP-CLI : mises à jour, sauvegarde de la base de données, désactivation d'un plugin qui bloque le site.
Diagnostiquer : voir l'espace disque occupé, lire un fichier de journal d'erreurs, chercher un fichier.
Utiliser Git pour déployer un site, si votre hébergeur le permet.
Votre hébergeur propose-t-il SSH ?
Beaucoup d'hébergeurs proposent un accès SSH, mais pas toujours sur toutes leurs offres, et il faut parfois l'activer dans le panneau de gestion. C'est un critère à vérifier avant de choisir (voir Comment choisir un hébergeur WordPress). Dans le panneau, la rubrique « SSH » ou « Accès SSH » indique :
l'adresse du serveur (hôte) ;
votre nom d'utilisateur ;
le port, qui n'est pas toujours le port standard 22 ;
la possibilité d'ajouter une clé SSH.
Se connecter
Sous macOS et Linux
Ouvrez l'application Terminal et tapez :
ssh utilisateur@adresse-du-serveur -p 22Remplacez utilisateur, adresse-du-serveur et le numéro de port par ceux de votre hébergeur.
Sous Windows
La même commande fonctionne dans PowerShell ou dans le Terminal Windows grâce au client OpenSSH fourni par Microsoft. S'il n'est pas présent sur votre ordinateur, ajoutez-le dans les fonctionnalités facultatives de Windows (Paramètres), comme l'explique la documentation de Microsoft.
Autre solution, plus ancienne et toujours utilisée : PuTTY, un client SSH gratuit avec une interface graphique, dans lequel vous enregistrez l'adresse, le port et l'identifiant.
La première connexion
Le terminal affiche l'empreinte (fingerprint) du serveur et demande si vous voulez continuer. Si l'adresse est bien celle de votre hébergeur, répondez yes : l'empreinte est mémorisée. Si plus tard le terminal affiche un avertissement indiquant que l'identification du serveur a changé (« REMOTE HOST IDENTIFICATION HAS CHANGED »), ne vous connectez pas : demandez d'abord à votre hébergeur s'il a changé de serveur.
Utiliser une clé SSH plutôt qu'un mot de passe
Une clé SSH est plus sûre qu'un mot de passe : elle ne peut pas être devinée et ne circule jamais sur le réseau. Elle se compose de deux fichiers : une clé privée, qui reste sur votre ordinateur, et une clé publique, que vous déposez sur le serveur.
Pour créer la paire de clés, tapez sur votre ordinateur (pas sur le serveur) :
ssh-keygen -t ed25519 -C "[email protected]"Ensuite :
Acceptez l'emplacement proposé et choisissez une phrase de passe, qui protège la clé si votre ordinateur est volé.
Ajoutez le contenu du fichier
.pubcréé (la clé publique) dans la rubrique SSH du panneau de votre hébergeur. Sous macOS et Linux, la commandessh-copy-id utilisateur@adresse-du-serveurle fait automatiquement si l'hébergeur l'autorise.
Ne transmettez jamais la clé privée (le fichier sans extension .pub), pas même à un prestataire : demandez-lui plutôt sa propre clé publique, que vous ajoutez puis retirez à la fin de sa mission.
Les commandes utiles
Commande | Ce qu'elle fait |
|---|---|
| Affiche le dossier dans lequel vous êtes |
| Liste le contenu du dossier, fichiers cachés compris |
| Entre dans un dossier ( |
| Affiche la taille de chaque élément du dossier |
| Affiche l'espace disque disponible |
| Compresse un dossier et tout son contenu |
| Décompresse une archive dans le dossier courant |
| Crée une archive compressée au format tar.gz |
WP-CLI : WordPress en ligne de commande
WP-CLI est l'outil officiel pour gérer WordPress en ligne de commande. Certains hébergeurs l'installent d'office : tapez wp --info pour vérifier s'il est disponible sur votre serveur. Placez-vous ensuite dans le dossier du site (celui qui contient wp-config.php).
Commande | Ce qu'elle fait |
|---|---|
| Affiche la version de WordPress |
| Liste les plugins, leur état et les mises à jour disponibles |
| Désactive un plugin qui bloque le site |
| Met à jour tous les plugins |
| Exporte la base de données dans un fichier |
| Vide le cache d'objets de WordPress |
Les précautions
Sauvegardez avant toute opération importante, fichiers et base de données (voir Comment et pourquoi faire des sauvegardes).
Relisez chaque commande avant de valider, surtout celles qui suppriment (
rm) ou remplacent : il n'y a ni corbeille ni annulation.Ne copiez pas une commande trouvée sur Internet sans la comprendre, surtout si elle commence par
sudoou télécharge un script.Ne laissez pas une archive de sauvegarde dans un dossier public du site : téléchargez-la puis supprimez-la du serveur.
Fermez la session avec
exit(ou Ctrl + D) quand vous avez terminé.
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