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Les heatmaps ou cartes de fréquentation

Une heatmap, ou carte de chaleur, ou carte de fréquentation, colore une page selon l'activité des visiteurs : les zones où ils cliquent, jusqu'où ils font défiler, où passe leur souris. Les couleurs chaudes signalent une forte activité, les couleurs froides une activité faible. C'est l'un des moyens les plus simples de voir ce que les statistiques classiques ne montrent pas : comment une page est réellement utilisée.

Les types de heatmaps

  • La carte des clics montre où les visiteurs cliquent ou touchent l'écran, y compris sur des éléments qui ne sont pas des liens.

  • La carte de défilement (scroll map) montre quelle part des visiteurs atteint chaque niveau de la page. Elle indique où l'attention s'arrête.

  • La carte des mouvements montre où passe le pointeur de la souris. Elle n'existe que sur ordinateur, et la position de la souris ne correspond pas toujours à celle du regard : à interpréter avec prudence.

  • La carte par zones regroupe les clics par bloc de la page (en-tête, menu, formulaire), ce qui facilite les comparaisons.

Les outils de heatmaps proposent souvent aussi l'enregistrement de sessions (session replay) : une reconstitution de la visite d'un internaute, avec ses clics et ses défilements. Les heatmaps montrent des tendances, les enregistrements montrent des cas concrets.

Ce qu'on y apprend

  • Un appel à l'action ignoré : le bouton principal reçoit peu de clics, alors qu'un élément secondaire en reçoit beaucoup.

  • Des clics sur des éléments non cliquables : une image, un titre ou une icône que les visiteurs prennent pour un lien. Il faut soit en faire un lien, soit changer son apparence.

  • Une information placée trop bas : la carte de défilement montre que la majorité des visiteurs n'atteint pas le bloc qui compte.

  • Un bug : des clics répétés au même endroit (rage clicks) ou des clics sans effet (dead clicks) signalent souvent un élément qui ne réagit pas.

Ces constats alimentent directement le travail sur les frictions et sur la jauge d'attention.

Les lire sans se tromper

  • Attendez d'avoir du volume. Avec peu de visites, quelques visiteurs atypiques suffisent à créer une tache rouge.

  • Séparez mobile et ordinateur. La mise en page change d'un appareil à l'autre, les comportements aussi. Une heatmap qui mélange les deux est difficile à lire.

  • Tenez compte de la source du trafic. Un visiteur venu de Google et un abonné à votre newsletter ne cherchent pas la même chose.

  • Méfiez-vous des éléments mobiles : menus déroulants, carrousels, fenêtres surgissantes sont souvent mal représentés sur une capture fixe.

  • Une heatmap montre quoi, pas pourquoi. Elle donne des hypothèses. Pour les valider, modifiez la page et mesurez, ou comparez deux versions avec un test A/B.

Les outils

Microsoft Clarity

Clarity est l'outil gratuit de Microsoft : cartes de clics, cartes de défilement, enregistrements de sessions, détection des rage clicks et des dead clicks. Sa documentation annonce un service gratuit, sans limite de trafic et sans version payante, avec quelques plafonds : jusqu'à 100 000 sessions enregistrées par projet et par jour, et jusqu'à 100 000 pages vues par heatmap. Les enregistrements sont conservés 30 jours (certains jusqu'à 9 mois) et les heatmaps restent consultables 9 mois (FAQ de Clarity, consultée en octobre 2026).

Par défaut, Clarity masque les contenus considérés comme sensibles, comme les nombres et les adresses email (mode de masquage « Balanced »).

Hotjar et Contentsquare

Hotjar a longtemps été l'outil de référence des heatmaps. Il fait désormais partie de Contentsquare, et son site indique que Hotjar n'accepte plus de nouvelles inscriptions. Contentsquare propose une offre gratuite qui inclut enregistrements, heatmaps et entonnoirs, limitée à 200 000 sessions par mois et à un mois d'accès aux données (offre relevée en octobre 2026). Pour les autres solutions, voir Les alternatives à Hotjar.

Heatmaps et consentement

Les outils de heatmaps et d'enregistrement de sessions déposent des traceurs et collectent le comportement de chaque visiteur. En France, ils ne relèvent pas automatiquement de l'exemption de consentement que la CNIL accorde à la mesure d'audience : cette exemption suppose notamment que l'outil ne produise que des statistiques anonymes, pour le seul compte de l'éditeur du site (conditions détaillées par la CNIL). Pour les outils de rejeu de session, le projet de recommandation de la CNIL, soumis à consultation publique de février à avril 2026, pose le consentement préalable comme règle ; la version définitive n'était pas encore publiée en octobre 2026 (page de la consultation).

Clarity applique de son côté ces exigences : depuis le 31 octobre 2025, il attend un signal de consentement valide pour les visiteurs de l'Espace économique européen, du Royaume-Uni et de la Suisse. Sans consentement, il fonctionne en mode limité, sans cookie. Votre bandeau de consentement doit donc transmettre le choix du visiteur à l'outil : voir Consentement pour l'utilisation des cookies.

Cette page présente les règles générales et ne constitue pas un conseil juridique.

Installer Clarity sur WordPress

  1. Dans WordPress, installez l'extension officielle Microsoft Clarity, publiée par Microsoft.

  2. Suivez ses instructions pour relier votre site à un compte et à un projet Clarity, tous deux gratuits.

  3. Configurez votre bandeau de consentement pour que Clarity ne collecte des données complètes qu'après l'accord du visiteur.

  4. Laissez tourner quelques semaines avant de tirer des conclusions, puis analysez une page importante à la fois.

Les autres notions de l'optimisation des conversions sont réunies dans la section CRO.

Auteur : Jean-Noël Mathonnet

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